DIS-MOI
Où TU L’AS MIS !
(Jean
20.1-18)
Introduction
C’est
l’histoire d’un homme qui part en vacances avec sa femme et sa belle-mère.
Je sais, je sais, ça n’existe pas dans la vie, mais c’est une blague que je
vous raconte… Tous les trois vont en Israël et pendant leur séjour -
tragiquement - la belle-mère meurt d’une crise cardiaque. Alors le monsieur
contacte une société de pompes funèbres et le directeur lui explique qu’il
a deux options. « Première option monsieur ; nous expatrions le
corps de madame pour une cérémonie d’obsèques chez vous, prise en charge
par nos confrères américains, mais ça revient un tout petit peu cher ;
avec le billet d’avion, les démarches administratives etc. le coût s’élève
à 10.000 €.
Deuxième possibilité ; nous
organisons l’enterrement ici en Israël, ce qui ne coûte que 100 €. A
vous de voir. » Le monsieur réfléchit deux secondes, et puis il dit, « Non,
on va la mettre dans l’avion et faire les funérailles chez nous. » Le
directeur de pompes funèbres est surpris, « Très bien monsieur, mais
est-ce que vous êtes sûr ? C’est quand même cher et nous pouvons
faire un très bon enterrement ici. » Mais le monsieur répond, « Écoutez,
il y a deux mille ans on a enterré un gars dans ce pays et trois jours plus
tard il est ressuscité des morts. Franchement c’est un risque que je ne veux
pas courir ! »
Cet
homme ne s’était pas trompé des faits. Dans Jean 20.8-9 il est écrit,
« Alors l’autre disciple,
celui qui était arrivé le premier, entra à son tour dans le tombeau. »
Notez bien maintenant la simplicité, la spontanéité, la fraîcheur de sa foi
dans le verset suivant : « Il vit, et il crut. En effet, jusque là
ils n’avaient pas encore compris que Jésus devait ressusciter d’entre les
morts, comme l’avait annoncé l’Écriture. »
« Il
vit et il crut. » Laissez-moi vous posez une question. Qui parmi nous veut
être heureux ? Levez la main s’il vous plaît si vous cherchez le
bonheur. Merci. Personne ici n’a vu le tombeau vide avec les indices ou les
preuves de la résurrection. Mais qui a la foi quand même ? Qui croit que
Jésus est ressuscité, même sans rien voir ? Parce que si vous voulez être
heureux dans la vie, écoutez bien ce que dit Jésus à Thomas dans Jean 20.29.
« Parce que tu m’as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n’ont pas vu et
qui ont cru ! » Je connais beaucoup de gens pas contents qui me
disent, « Je croirais en Dieu si je pouvais le voir. » Mais la
recette du bonheur selon Jésus c’est croire sans avoir vu. C’est le bonheur
que je vous souhaite à tous ce jour de Pâques.
Da
Vinci Code
Le
17 mai prochain le film Da Vinci Code
de Ron Howard va sortir dans les salles françaises. Vous avez déjà vu la
publicité, j’en suis sûr. Certains d’entre vous ont sans doute lu le roman
de Dan Brown du même nom. Je ne suis pas vraiment amateur des livres de ce
genre et pour tout vous dire je ne l’ai pas lu, mais plusieurs de mes amis
m’ont dit que c’est une passionnante histoire, pleine d’aventures et
d’intrigue, c’est un excellent thriller. Un mois avant la sortie en salles
de l’adaptation cinématographique, je vais vous donner un petit aperçu en
avant-première. Au début du film une parole résonne : « Nous
sommes au cœur d’une guerre, une guerre sans fin ; pour protéger un
secret redoutable, qui, s’il était révélé, pourrait anéantir jusqu’au
fondement même de l’humanité. » Selon le da Vinci code ‘le secret
redoutable’ qui provoque cette
‘guerre sans fin’ dans laquelle nous nous trouvons tous, sans le savoir, est
que Jésus serait l’époux de Marie Madeleine et que le Nouveau Testament que
nous avons aurait été faussé pour nous tenir à tout jamais dans
l’ignorance. C’est une conspiration, c’est un complot.
Mon
but aujourd’hui n’est pas de monter une défense détaillée des évangiles
sur ces points-là, et d’ailleurs d’autres gens plus qualifiés que moi
l’ont déjà fait très bien. Il y a déjà sur le marché au moins 5 livres
ou livrets en langue française qui traitent de ce sujet. Ce qui est sûr est
que le livre de Dan Brown a bien sa place dans la rubrique « fiction »
des librairies et n’importe quel étudiant en première année de théologie
ou d’histoire vous dira qu’il y a des gaffes sur presque chaque page.
Certaines erreurs sont dues à une évidente légèreté de recherche (comme,
par exemple, le détail où quelqu’un prend un train pour Lille à la gare
Saint-Lazare). Mais la plupart des erreurs sont plus troublantes pour le lecteur
non averti, surtout parce que l’auteur prétend que les détails de son livre
sont avérés. C’est pourquoi des gens de cette église organisent des événements
‘grand public’ pour présenter les faits et annoncer la bonne nouvelle de Jésus,
tout dans la bonne humeur. Vous trouverez quelques papiers sur ces réunions sur
la table en haut de l’escalier.
Marie
Madeleine – qui est-ce ?
Mais
puisque Marie Madeleine est un personnage au cœur de ce livre populaire et
puisqu’elle est aussi au centre de notre lecture aujourd’hui, je me disais
que ce serait bon de nous demander, « Qui était Marie Madeleine vraiment
et quelle était la vraie nature de sa relation avec Jésus ? »
Les
évangiles révèlent ici qu’elle avait le privilège d’être la toute première
personne à arriver au tombeau. Elle était aussi la première, à avoir vu le
Christ ressuscité et la première à en parler aux autres. Elle s’appelle
Marie Madeleine parce qu’elle était originaire de la ville de Magdala, au
bord de la mer de Galilée. C’est d’ailleurs très clair dans notre version
de la Bible, où elle reçoit l’appellation Marie de Magdala.
Que
sait-on sur Marie ? Il y a dans les évangiles quelques références à
Marie, la sœur de Marthe, mais ce n’est pas la même, car Marie sœur de
Marthe venait de Béthanie, près de Jérusalem, à une centaine de kilomètres
au sud de Magdala. Certains spécialistes de la Bible identifient Marie
Madeleine avec la femme adultère dans Jean 8 ; celle que Jésus sauve
de la lapidation en disant : Que celui qui n’a jamais péché jette la
première pierre. D’autres
experts proposent la théorie selon laquelle elle serait la femme de mauvaise réputation
qui a lavé et séché les pieds de Jésus avec ses larmes et ses cheveux dans
Luc chapitre 7. Mais ni la Bible, ni la tradition très ancienne, ni la raison
identifient ses femmes avec Marie Madeleine. En fait, à part les récits sur la
crucifixion et sur la résurrection, il n’y a qu’une seule référence à
cette femme dans toute la Bible.
C’est
dans Luc 8:1-3. « Jésus allait de ville en ville et de village en
village, prêchant et annonçant la bonne nouvelle du royaume de Dieu. Les douze
étaient avec lui ainsi que quelques femmes qui avaient été guéries
d’esprits malins et de maladies : Marie, dite de Magdala, de laquelle étaient
sortis sept démons, Jeanne, la femme de Chuza, intendant d’Hérode, Susanne,
et plusieurs autres, qui l’assistaient de leurs biens. »
Il
y a trois choses à saisir dans ce passage. D’abord, Jésus était suivi de près
non seulement par ses 12 hommes – tout le monde sait ça, mais qui savait que
Jésus était entouré aussi par un nombre indéterminé de femmes ? La
note de ma Bible d’étude dit, « Dans le contexte du monde antique, la
présence de femmes au sein du groupe des disciples qui accompagnaient un
enseignant itinérant est exceptionnelle. » Tout à fait. Jésus cassait
les structures sociales et spirituelles de son époque. Les rabbins du premier
siècle refusaient d’instruire des femmes. Mais pas Jésus ! Il les
laissait s’approcher de lui, il les écoutait, il passait du temps avec elles,
il les a guéries, il leur rendait leur dignité humaine. Il se fichait des
dispositions religieuses et culturelles de son monde parce qu’elles étaient
injustes et inhumaines.
Pensez-vous
que l’Église est traditionaliste, conservatrice, institutionnelle ?
C’est incroyable que les gens voient le mouvement que Jésus a créé comme
ringard ou « respectable. » Jésus choquait l’opinion publique de
son époque. Il a réussi à heurter les sensibilités de tout le monde sauf les
pauvres types, les losers, les prostitués, les truands, les opprimés, les sans
abris. Moi, je rêve d’une Église qui serait moins comme une institution figée
dans ses traditions et plus comme Jésus.
C’est
la deuxième chose qu’on apprend sur Marie Madeleine d’ailleurs. Jusqu’à
sa rencontre avec Jésus, elle était un cas sans espoir. Luc 8.2 nous dit
qu’elle était possédée par sept démons. Il n’y a pas forcément de lien
entre ces démons et la vie de débauche qu’on attribut traditionnellement à
Marie Madeleine. Tout ce que l’on peut dire est que Marie avait une vie
angoissante et pleine de détresse avec probablement des contrecoups psychiques
et physiques ; elle était liée et tyrannisée par ses démons et Jésus
l’a affranchie. Jésus-Christ est le même hier, aujourd’hui et éternellement.
Il guérit encore aujourd’hui. Il libère encore aujourd’hui. Il envoie
balader les démons encore aujourd’hui. Il affranchit tous ceux qui sont liés
par le pouvoir du mal encore aujourd’hui. Ce n’est pas un squelette sec dans
un vieux sépulcre quelque part ! Il est vivant ! Gloire à Dieu.
Le
troisième détail sur cette femme que l’on trouve dans Luc 8 est qu’elle
soutenait financièrement le ministère de Jésus. Au v3 ; « Marie,
dite de Magdala, de laquelle étaient sortis sept démons, et plusieurs autres,
assistaient Jésus de leurs biens. » Il se peut qu’elle soit fille de
riche. Il est possible aussi que son pouvoir d’achat venait du fait qu’elle
avait été prostituée et qu’elle avait fait des économies pour le jour où,
devant la concurrence, elle ne serait plus désirée par un client. C’est
possible. Il n’y avait pas beaucoup de femmes à cette époque qui étaient
financièrement indépendantes. Mais peu importe, le fait incontestable est que
sans la générosité de gens comme Marie Madeleine, Jésus et sa bande de
disciples n’avaient rien pour manger. Ses dons d’argent étaient un fruit de
sa libre reconnaissance au Seigneur pour tout ce qu’il avait fait pour elle.
Si Dieu a fait de bonnes choses pour vous avez-vous à cœur de faire des gestes
qui témoignent votre gratitude ? Nous ne pouvons jamais être plus généreux
que Jésus l’est envers nous. Mais Dieu est si bon ! Il promet que si
nous donnons joyeusement et généreusement à son service, qu’il pourvoira à
tous nos besoins et nous comblera de bénédictions par dessus. Luc 6.38 ;
« Donnez, et l’on vous donnera, on versera dans le pan de votre vêtement
une bonne mesure bien tassée, secouée et débordante; car on emploiera, à
votre égard, la mesure dont vous vous serez servis pour mesurer. »
Alors
quelle femme cette Marie Madeleine ! Et la revoilà au chapitre 20 de l’évangile
de Jean.
La
logique humaine n’est pas toujours adéquate
Sa
première remarque au v2 est révélatrice. « On
a enlevé le Seigneur de la tombe, et nous n’avons aucune idée de l’endroit
où on l’a mis. » Elle parle à la 1ère personne du pluriel parce
qu’elle était avec d’autres femmes ; Matthieu, Marc et Luc le
confirment. Elle est là avec les autres pour embaumer le corps, mais voyant que
la grosse pierre est roulée et que le tombeau est vide elle déduit
raisonnablement que quelqu’un a déplacé le cadavre. Problème : il
n’y a plus de corps dans le tombeau. Solution ; localiser le corps le
plus rapidement possible parce que dans peu de temps il y aura une odeur désagréable,
ce qui va être fort gênant surtout qu’on passe à table après. C’est tout
à fait logique. Et tout à fait faux. On peut la comprendre, bien sûr !
16 siècles avant René Descartes, Marie Madeleine est aussi cartésienne que
nous. Elle pense donc elle est. Mais n’oublions jamais que Dieu ne se limite
pas à la raison humaine. « Avec les hommes ceci est impossible, » a
dit Jésus, « mais avec Dieu rien n’est impossible. »
Sur
le site web de la BBC cette semaine j’ai trouvé le témoignage de Katie Pring
qui vit près de Londres. Il y a onze ans les médecins lui ont dit qu’elle était
atteinte du rhumatisme psoriasique, qui résulte d’une dégradation du
cartilage qui recouvre les extrémités des os. C’est une affliction
incurable. Elle dit, « Cette maladie progressait très rapidement. Ma mère
me mesurait pour un fauteuil roulant parce que mes articulations étaient
tellement rigides quand je me levais le matin que j’avais du mal à marcher.
Des trucs de tous les jours, comme ouvrir un robinet, devenait impossible pour
moi. »
Elle
prenait des médicaments qui ont calmé la douleur au début, mais après un
temps ils n’avaient plus aucun effet. Elle s’est rendue à son église et
pendant un culte avec prières pour la guérison, Katie s’est avancée. Elle a
senti tout de suite que ses prières étaient exaucées. Voici ce qu’elle dit ;
« On a prié pour moi le dimanche matin, et j’ai pu jouer au hockey
l’après-midi même. Avant le temps de prière, j’étais à peine capable de
marcher tant mon corps manquait de souplesse. Je suis sûre que c’était un
miracle. » Son médecin, absolument incapable d’expliquer comment Katie
avait retrouvé la pleine santé, dit simplement, « Cela nous dépasse.
Nous nous sommes peut-être trompés de diagnostique… »
« On
a enlevé le Seigneur de la tombe, et nous n’avons aucune idée de l’endroit
où on l’a mis. » « Ma fille ne peut plus marcher, il lui faut un
fauteuil roulant. » Parfois - parfois - la logique humaine n’est pas adéquate.
Pour Dieu rien n’est impossible. « Mes pensées, ne sont pas vos pensées »
dit le Seigneur.
Jésus
est là qu’on le sache ou non
Aux
versets 11 et 13 nous retrouvons Marie, cette fois-ci en larmes. Dans
l’intervalle Pierre et Jean étaient arrivés. Jean a vu les linges funéraires
dans le tombeau, et il croit que Jésus est vivant. C’est curieux ; dans
les évangiles Jésus n’arrête pas de dire aux 12 ; « Hommes de
peu de foi, pourquoi avez-vous si peur, combien de temps encore est-ce que je
vais devoir vous supporter ? » Mais en revanche, à plusieurs
reprises il dit, « O femme, ta foi est grande, qu’il te soit fait comme
tu le veux. » Jésus reprochait aux messieurs leur manque de foi et il
s’émerveillait de la foi des dames. Mais pour une fois c’est un homme qui
croit tout de suite et c’est une femme qui pleure dans son mouchoir. Le jour
de la résurrection tout est bouleversé, même la lenteur des hommes et la
vivacité des femmes !
Marie
est évidemment angoissée et étourdie. Elle a les yeux rouges, elle renifle
sans cesse, elle pleure comme… eh bien elle pleure comme une madeleine, quoi !
Tout le monde lui demande pourquoi elle pleure. « Pourquoi pleures-tu ? »
lui demandent les anges au v13, ce qui est un peu coquin, parce qu’il le
savent très bien. Mais elle ne comprend même pas que ce sont des anges. Elle répète
ce qu’elle avait dit avant, au v2, « On a enlevé mon Seigneur, et je ne
sais pas où on l’a mis. » Elle est toujours dans son truc cartésien.
Quelques
moments plus tard, elle voit quelqu’un d’autre. Il lui pose la même
question, « Pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Mais elle est
tellement distraite qu’elle n’aperçoit pas la réalité criante devant
elle. Elle ne réalise pas que c’est Jésus qui lui parle. N’a-t-elle pas
reconnu sa voix ? N’a t-elle pas vu son visage ? C’est incroyable
comment la raison peut parfois voiler la réalité spirituelle en face !
Écoutez,
Jésus-Christ est toujours beaucoup plus proche que vous ne pensez. Dans les
moments les plus bas de la vie, ce n’est pas forcement facile de le reconnaître,
mais Jésus est là. Dans le deuil, dans la confusion, dans le bouleversement,
dans le désespoir – Jésus-Christ est plus proche que vous ne pensez.
Jésus
dit, « Marie ! » C’est tout ce qu’il fallait. C’est la même
voix qui lui avait dit auparavant, « Marie, tu es délivrée de tes démons »,
« Marie, tu es pardonnée tout ton passé. » « Marie,
suis-moi, » Et elle sait que c’est lui, même avant de se tourner. Vous
savez, les femmes n’étaient pas considérées comme des témoins fiables dans
la culture misogyne de l’époque, mais Jésus s’est révélé le premier à
une femme ; Marie Madeleine. Tous les hommes (sauf Jean) avaient abandonné
Jésus à la crucifixion. Mais le groupe des femmes était fidèle au poste. A
l’aube le dimanche, tandis que les hommes tremblaient de peur derrière des
portes fermées à clé, les femmes se rendaient toutes au tombeau. C’est une
femme donc premier témoin oculaire du Christ ressuscité. Verset 18 ;
Marie de Magdala alla donc annoncer aux disciples : « J’ai vu le
Seigneur ! » Et elle leur rapporta ce qu’il lui avait dit.
Conclusion
Mon frère, ma sœur, je veux t’encourager aujourd’hui. Que tu passes par une période d’incertitude, de souffrance, d’épreuve ou non - Jésus est vivant ! Il est réellement ressuscité et il est beaucoup plus proche que te ne penses ! Il est plus proche que ton propre souffle ou ton propre battement de cœur. Tu ne peux peut-être pas le reconnaître, ou le percevoir où l’entendre à présent, en tout cas pas physiquement - mais sache qu’il est là auprès de toi. Et heureux sois tu si tu crois, aujourd’hui, sans l’avoir vu. Il t’appelle par ton nom, tu lui appartiens et il t’envoie aujourd’hui à répandre la nouvelle qu’il est réellement vivant. La mort n’a plus aucun pouvoir sur lui et plus aucune prise sur toi. Alléluia !